Les tests de personnalité dans le recrutement pharmaceutique : un atout stratégique incontournable

Nicolas Grancher • 21 mars 2025

Le recrutement dans l’industrie pharmaceutique est un processus rigoureux. Il ne s’agit pas seulement d’évaluer les compétences techniques et l’expérience des candidats, mais aussi de s’assurer qu’ils possèdent les qualités humaines et comportementales nécessaires pour évoluer dans un environnement aussi exigeant.

C’est ici que les tests de personnalité entrent en jeu.

Longtemps perçus comme accessoires, ces tests sont aujourd’hui un outil stratégique pour les recruteurs. Ils permettent d’aller au-delà du CV et des diplômes pour mieux comprendre comment un candidat interagit avec son environnement, s’adapte aux défis et collabore avec les autres.

Pourquoi les entreprises pharma utilisent-elles ces tests ?
Quels sont les tests les plus utilisés ?
Comment influencent-ils les décisions d’embauche ?

Décryptage dans cet article !


Pourquoi les tests de personnalité sont-ils essentiels en pharma ?


Le secteur pharmaceutique est unique : il combine rigueur scientifique, innovation technologique et forte dimension réglementaire.


Un bon recrutement ne repose donc pas uniquement sur les compétences techniques. Les soft skills sont tout aussi critiques, notamment pour :


Les postes en recherche et développement → Capacité à travailler en équipe, curiosité intellectuelle, gestion du stress.


Les fonctions commerciales et marketing → Empathie, communication, orientation résultats.
Les métiers de la production et de la qualité → Rigueur, sens du détail, respect des procédures.
Les postes en affaires réglementaires → Patience, organisation, persévérance.


Un mauvais recrutement peut coûter cher !


Selon plusieurs études,
une erreur de casting peut coûter jusqu’à 3 fois le salaire annuel du candidat en raison de la formation, du temps perdu et du manque de performance.

Les tests de personnalité permettent donc aux recruteurs d’éviter ces erreurs en identifiant :
Les traits de caractère qui correspondent au poste
Les modes de fonctionnement du candidat
Son adéquation avec la culture de l’entreprise

Les tests de personnalité les plus utilisés dans le recrutement pharma


Il existe plusieurs types de tests de personnalité, chacun ayant une approche spécifique.


2.1. MBTI (Myers-Briggs Type Indicator)


Pourquoi il est utilisé ?


Le MBTI classe les candidats en 16 types de personnalité selon 4 axes :


Extraversion (E) vs. Introversion (I)
Sensation (S) vs. Intuition (N)
Pensée (T) vs. Sentiment (F)
Jugement (J) vs. Perception (P)


Exemple d’application :

  • Un profil INTJ (Architecte) peut être idéal pour un poste en R&D.
  • Un ESFJ (Consul) peut exceller dans un rôle de commercial pharmaceutique.



2.2. Big Five (OCEAN Model)


Pourquoi il est utilisé ?


Ce modèle analyse la personnalité selon 5 dimensions :


 
Ouverture à l’expérience (Curieux ou pragmatique ?)
 
Conscienciosité (Organisé ou spontané ?)
 
Extraversion (Sociable ou réservé ?)
 
Agréabilité (Diplomate ou direct ?)
 
Stabilité émotionnelle (Calme ou stressé ?)


Exemple d’application :

  • Un chercheur en biotechnologie avec une forte ouverture à l’expérience sera plus apte à innover.
  • Un responsable qualité très consciencieux assurera un suivi rigoureux des procédures.



2.3. Test DISC


Pourquoi il est utilisé ?


Le DISC évalue les candidats selon 4 profils comportementaux :
 
Dominance (D) : Prise de décision rapide, leadership
 
Influence (I) : Communication, persuasion
 
Stabilité (S) : Patience, fiabilité
 
Conformité (C) : Rigueur, respect des règles


Exemple d’application :

  • Un profil "D" peut être un bon manager dans la production.
  • Un profil "C" sera plus performant en contrôle qualité.



2.4. Hogan Personality Inventory (HPI)


Pourquoi il est utilisé ?


Ce test mesure
la personnalité en milieu professionnel et permet d’évaluer :
La capacité à gérer le stress
Le leadership et la prise de décision
L’adaptabilité à l’environnement de travail

Exemple d’application :

  • Un manager d’équipe en pharma doit avoir un score élevé en leadership et en gestion du stress.



Quel impact sur le recrutement et la prise de décision ?


3.1. Un outil complémentaire, pas un critère unique


Les tests de personnalité ne remplacent ni l’entretien, ni l’analyse du CV, mais ils permettent d’affiner la sélection des candidats.


L’objectif ?
Confirmer les intuitions du recruteur
Comparer plusieurs profils sur des critères objectifs
Mieux anticiper la manière dont un candidat va s’intégrer dans l’équipe


3.2. Identifier les risques et les opportunités


Les tests permettent aussi de détecter les difficultés potentielles d’un candidat.


Exemple :

  • Un candidat ayant un faible score en stabilité émotionnelle peut avoir du mal à gérer la pression dans un environnement réglementé.
  • Un candidat très extraverti pourrait ne pas apprécier un poste trop analytique.

Mais… ce n’est pas une raison pour écarter un profil !
Les tests permettent d’identifier des axes d’accompagnement pour aider le candidat à s’adapter.


3.3. Un levier pour l’intégration et le développement des talents


Les entreprises pharmaceutiques utilisent aussi ces tests pour :
Faciliter l’intégration des nouveaux collaborateurs
Mieux constituer les équipes en équilibrant les profils
Définir des plans de formation personnalisés

Exemple :
Un employé identifié comme ayant un
potentiel managérial pourra suivre un programme de leadership adapté.


Conclusion : un outil puissant pour un recrutement plus efficace

Les tests de personnalité ne sont pas une mode, mais un véritable atout stratégique pour le recrutement pharma.

Ils permettent :
D’affiner la sélection des candidats
D’optimiser l’intégration et la gestion des talents
De limiter les erreurs de recrutement coûteuses

  • 1. Pourquoi utiliser des tests de personnalité en pharma ?

    Pour évaluer les soft skills essentiels à un environnement complexe, au-delà du CV.



  • 2. Sur quels postes sont-ils les plus utiles ?

    R&D, commercial, qualité, réglementaire — là où les compétences comportementales font la différence.

  • 3. Quels sont les tests les plus utilisés ?

    MBTI : 16 profils types

    Big Five : 5 traits clés (OCEAN)

    DISC : comportements en 4 axes

    Hogan : personnalité en contexte pro

  • 4. Remplacent-ils l’entretien ?

    Non. Ils complètent l’analyse du recruteur et affinent la décision.



  • 5. Peuvent-ils écarter un candidat ?

    Pas seuls. Ils révèlent des points à accompagner, pas à éliminer.



  • 6. Quels bénéfices pour l’entreprise ?

    Moins d’erreurs de casting, meilleure intégration, développement des talents.



  • 7. En résumé ?

    Un outil stratégique pour recruter plus juste, plus humain, plus efficace.



par Nicolas Grancher 30 janvier 2026
An interview in the pharmaceutical industry rarely leaves candidates indifferent. Even experienced professionals, accustomed to demanding environments, often walk away with a mix of relief, doubt, and unanswered questions. “Was I clear enough?” “Did I say what I was supposed to say?” “Was it too formal? Not formal enough?” “Did we have the right feeling?” These questions are universal. Yet, they are rarely voiced. In a sector as rigorous as the pharmaceutical industry, emotions tend to have little space in the official discourse, even though they are omnipresent in candidates’ real experiences. This article aims to put words to what candidates truly go through during an interview, in order to better understand it, reduce unnecessary anxiety… and regain a sense of control over the experience. Immediate tension: being assessed without losing credibility From the very first minutes, many candidates experience a familiar sensation: the tension of being evaluated. Interviews are often structured, highly framed, and sometimes very technical. The setting is established quickly: competencies, responsibilities, compliance, processes. This framework can create a paradoxical feeling: - on one hand, it is reassuring (you know what to expect), - on the other, it is pressurising (you feel observed and analysed). Many candidates experience: - fear of giving an approximate answer, - concern about not being “at the expected level,” - the feeling that every word matters. This tension is normal. It does not indicate a lack of competence or poor preparation. It reflects an environment where mistakes carry a high cost. The weight of formality: between respect and distance Another frequent feeling is formality. In the pharmaceutical sector, interviews are often: - highly structured, - minimally improvised, - conducted by several interviewers. For some candidates, this framework feels safe. For others, it creates a sense of relational distance. Many candidates internally ask themselves: - “Can I be myself?” - “Should I stay strictly factual?” - “Is it appropriate to show my motivation?” This internal questioning can lead to significant mental fatigue. Candidates constantly juggle between who they are and who they believe they should appear to be. The strange feeling of constantly having to “prove” oneself Even for experienced profiles, interviews often revive a familiar sensation: the need to justify oneself. To justify: - career choices, - transitions, - periods of doubt, - technical limitations. Some candidates feel a sense of unfairness: “My career path is coherent why do I still have to defend it?” This feeling is particularly strong in a sector that values stability, compliance, and linear progression. Atypical career paths, although increasingly common, often require more explanation. Post-interview doubt: a universal experience Once the interview is over, another phase begins: the internal debrief. In the hours or days that follow, many candidates replay the conversation mentally: - a response they could have phrased differently, - a question they misunderstood, - a moment of hesitation. This doubt is amplified by two factors common in the pharmaceutical sector: - long response times, - limited or no detailed feedback. When information is missing, interpretation takes over. And interpretation fuels self-criticism. The “feeling”: a source of hope… and anxiety The feeling plays an ambiguous role in the candidate experience. When the exchange is smooth, human, and respectful, candidates often leave feeling hopeful. When it is colder or very formal, anxiety sets in. What many candidates don’t realise is that: - a very formal interview is not necessarily a negative signal, - a good interaction does not guarantee a positive decision. From the recruiter’s perspective, “feeling” does not always mean immediate alignment. It may simply reflect a highly standardised professional framework. The fear of not having been “enough” - Clear enough. - Precise enough. - Technical enough. - Convincing enough. This fear is particularly strong among candidates who: - compare themselves to others, - are aware of market tension, - know that similar profiles are competing for the role. It can create a lingering impression of never doing enough, even when the background is solid. What candidates rarely realise… but is very real  One important point deserves to be stated clearly: there is uncertainty on the recruiter’s side as well. Recruiters and hiring managers in the pharmaceutical sector: doubt - compare, - hesitate, - arbitrate. Silence or hesitation is not always linked to a negative impression. More often, it reflects the complexity of the decision-making process. How to better navigate the interview experience While not all parameters are within a candidate’s control, some levers can help: Accept discomfort Discomfort is part of the process. Resisting it only increases tension. Focus on clarity rather than performance Being understandable is more valuable than being impressive. Remember that an interview is a two-way meeting You are also assessing the environment, the team, and the culture. Avoid overinterpreting immediately afterward Let emotions settle before drawing conclusions. Regaining agency as a candidate Putting words to what you feel helps reduce confusion. Realising that these emotions are widely shared makes it easier to put things into perspective. An interview is not a verdict on your professional worth. It is one step, in a specific context, at a specific moment in time.
par Nicolas Grancher 30 janvier 2026
Un entretien dans l’industrie pharmaceutique laisse rarement indifférent. Même les profils expérimentés, habitués aux environnements exigeants, en ressortent souvent avec un mélange de soulagement, de doute et d’interrogations. « Est-ce que j’ai été assez clair·e ? » « Est-ce que j’ai dit ce qu’il fallait ? » « Est-ce que c’était trop formel ? Pas assez ? » « Est-ce que j’ai eu le bon feeling ? » Ces questions sont universelles. Pourtant, elles sont rarement exprimées. Parce que dans un secteur aussi rigoureux que le pharmaceutique, les émotions ont peu de place dans le discours officiel , alors qu’elles sont omniprésentes dans l’expérience réelle des candidats. Cet article propose de mettre des mots sur ce que vivent vraiment les candidats lors d’un entretien, afin de mieux comprendre, de dédramatiser… et de reprendre un peu de maîtrise sur l’expérience. Une tension immédiate : être évalué sans perdre sa crédibilité Dès les premières minutes, une sensation s’installe chez beaucoup de candidats : la tension de l’évaluation . Les entretiens sont souvent structurés, cadrés, parfois très techniques. Le décor est posé rapidement : on parle compétences, responsabilités, conformité, processus. Ce cadre peut générer un sentiment paradoxal : d’un côté, il rassure (on sait à quoi s’attendre), de l’autre, il met sous pression (on se sent observé, analysé). Beaucoup de candidats ressentent alors : la peur de dire une approximation, la crainte de ne pas être “au niveau attendu”, l’impression que chaque mot compte. Cette tension est normale. Elle ne signifie ni un manque de compétence, ni un défaut de préparation. Elle est le reflet d’un environnement où l’erreur a un coût élevé . Le poids du formalisme : entre respect et distance Un autre ressenti fréquent est celui du formalisme . Dans le secteur pharmaceutique, les entretiens sont souvent : très structurés, peu improvisés, menés par plusieurs interlocuteurs. Pour certains candidats, ce cadre est sécurisant. Pour d’autres, il crée une forme de distance relationnelle. Beaucoup se demandent alors : « Est-ce que je peux être moi-même ? » « Est-ce que je dois rester très factuel·le ? » « Est-ce que montrer mes motivations est approprié ? » Ce questionnement interne peut générer une fatigue mentale importante. Le candidat jongle en permanence entre ce qu’il est et ce qu’il pense devoir montrer . Le sentiment étrange de devoir “prouver” en permanence Même pour des profils expérimentés, l’entretien ravive souvent une sensation bien connue : devoir se justifier . Justifier : ses choix de carrière, ses transitions, ses périodes de doute, ses limites techniques. Certains candidats ressentent une forme d’injustice : « Mon parcours est cohérent, pourquoi dois-je encore le défendre ? » Ce sentiment est d’autant plus fort que ce secteur valorise la stabilité, la conformité et la progression linéaire. Les parcours atypiques, bien que de plus en plus fréquents, demandent souvent plus d’explications. Le doute après l’entretien : un classique universel Une fois l’entretien terminé, une autre phase commence : le débrief intérieur . Dans les heures ou les jours qui suivent, beaucoup de candidats repassent mentalement l’échange : une réponse qu’ils auraient pu formuler autrement, une question mal comprise, un moment de flottement. Ce doute est amplifié par deux éléments fréquents dans notre secteur: des délais de réponse longs, peu de feedback détaillé. L’absence d’information laisse place à l’interprétation. Et l’interprétation nourrit l’auto-critique. Le feeling : une source d’espoir… et d’inquiétude Le feeling occupe une place ambiguë dans le ressenti candidat. Quand l’échange est fluide, humain, respectueux, beaucoup repartent avec de l’espoir. Quand il est plus froid ou très formel, l’inquiétude s’installe. Mais ce que beaucoup ignorent, c’est que : un entretien très formel n’est pas forcément un mauvais signal, un bon échange ne garantit pas une décision positive. Le feeling, côté recruteur, ne signifie pas toujours adhésion immédiate. Il peut simplement refléter un cadre professionnel très normé . La peur de ne pas avoir été “assez” Assez clair·e. Assez précis·e. Assez technique. Assez convaincant·e. Cette peur est particulièrement forte chez les candidats qui : se comparent beaucoup, connaissent la tension du marché, savent que d’autres profils similaires sont en lice. Elle peut générer une impression diffuse de ne jamais en faire assez , même lorsque le parcours est solide. Ce que les candidats ressentent rarement… mais qui est pourtant réel Un point important à rappeler : côté recruteur aussi, il y a de l’incertitude. Les recruteurs et managers du secteur pharmaceutique : doutent comparent, hésitent arbitrent. Le silence ou l’hésitation ne sont pas toujours liés à une mauvaise impression. Ils sont souvent liés à la complexité de la décision. Comment mieux vivre l’expérience d’entretien Sans pouvoir contrôler tous les paramètres, les candidats peuvent agir sur certains leviers : 1. Accepter la part d’inconfort L’inconfort fait partie de l’exercice. Le refuser augmente la tension. 2. Se concentrer sur la clarté plutôt que la performance Être compréhensible vaut mieux qu’être impressionnant. 3. Se rappeler que l’entretien est une rencontre Vous évaluez aussi l’environnement, l’équipe, la culture. 4. Ne pas surinterpréter à chaud Laissez retomber l’émotion avant de tirer des conclusions. Reprendre du pouvoir côté candidat Mettre des mots sur ce que l’on ressent permet de sortir de la confusion. Comprendre que ces émotions sont partagées par beaucoup aide à relativiser. L’entretien n’est pas un verdict sur votre valeur. C’est une étape, dans un contexte donné, à un moment donné.