Votre fiche de poste fait-elle fuir les bons profils ?

Nicolas Grancher • 26 juillet 2025

Un premier contact important avec le candidat

La fiche de poste est bien souvent la première impression qu’un candidat se fait de votre entreprise. Mal rédigée, elle peut non seulement retenir des profils qualifiés, mais aussi les dissuader de postuler. Selon PharmiWeb, une annonce trop centrée sur l’entreprise et ses besoins professionnels échoue à susciter l’intérêt des candidats.


Dans le domaine pharmaceutique, où les métiers sont techniques et les attentes spécifiques, un contenu clair, humain et motivant est nécessaire dès les premiers mots. Voici sept éléments à vérifier pour transformer votre fiche de poste en aimant à talents.


1. Le titre : simple, clair et parlant


Pourquoi c’est important ?

45 % des professionnels ignorent une annonce si le titre est vague ou trop spécifique.


Bonnes pratiques :


- Utilisez des termes standardisés : « Regulatory Affairs Specialist », pas « RA Officer »

- Soyez précis : « Senior Pharmacovigilance Associate – Clinical Trials ».


Le titre doit être clair, compréhensible et optimisé SEO pour être visible sur les job boards.


2. Présenter ce que vous offrez… pas seulement ce que vous attendez


Le piège à éviter

Une fiche centrée sur vos besoins (« vous devez… », « vous aurez… ») risque d’être perçue comme froide.


Ce qu’il faut faire :

- Mettez en avant les bénéfices pour le candidat : ses perspectives, ce qu’il apprendra, avec qui il travaillera.

- Parlez en langage humain : culture, environnement, impact sociétal.


3. Clarté et lisibilité : éviter l’incompréhension


Pourquoi c’est critique?

31 % des candidats abandonnent une annonce si elle est peu claire.


Bonnes pratiques :

- Limitez la fiche entre 300 et 800 mots.

- Structurez les sections : synthèse, missions, compétences requises, environnement, avantages.

- Évitez le jargon inutile, favorisez les listes à puces.


4. La transparence salariale : un critère d’attractivité



Constat

Ne pas afficher une fourchette salariale réduit de 60 % le nombre de candidatures, et peut susciter de la méfiance.


À inclure :

- Fourchette salariale claire,

- Éléments complémentaires (bonus, formation, télétravail).


5. Langage inclusif et attractivité


Pourquoi ?

Jusqu’à 60 % des candidats sous-représentés pourraient être dissuadés par un langage biaisé.


Solutions :

- Utilisez un langage personnel mais neutre (“ils/elles”, “collaborateur.trice”).

- Mentionnez vos engagements DEI : « nous encourageons les candidatures de toutes origines »


6. Compétences techniques vs compétences comportementales


Fiche classique


Liste les diplômes, certifications et outils (SAP, GMP, EudraCT…) sans parler des soft skills.


Ce qui fait la différence :

- Identifiez les compétences clés comportementales attendues : communication, adaptabilité, esprit d’équipe.

- Différenciez “indispensables” et “souhaitables”.

- Proposez un processus de sélection basé sur les compétences (competency-based recruitment)


7. Mise en valeur de la marque employeur pharmaceutique


L’erreur

Ignorer la culture de l’entreprise, ou se limiter à une page statique.


La solution :

- Ajoutez un paragraphe sur votre mission, vos engagements RSE ou innovation.

- Mentionnez les témoignages de collaborateurs, les success-stories internes.

- Utilisez un ton engageant, humain, en « nous » plutôt qu’en « l’entreprise ».


Voici les résultats d'un diagnostic rapide


Point de diagnostic: Le titre

Quel est le risque si ignoré? Candidats non ciblés

Quelle serait la solution? Titre standard, clair, SEO


Point de diagnostic: les perspectives

Quel est le risque si ignoré? Le manque d’attractivité

Quelle serait la solution? Mettre en avant ce que vous offrez


Point de diagnostic: La lisibilité

Quel est le risque si ignoré? Décrochage rapide

Quelle serait la solution? Structure simple, mots-clés, puces


Point de diagnostic: Le salaire

Quel est le risque si ignoré? Suspicion, candidatures limitées

Quelle serait la solution? Indiquer fourchette et avantages


Point de diagnostic: L'inclusion

Quel est le risque si ignoré? Moins de diversité

Quelle serait la solution? Langage neutre, engagement DEI


Point de diagnostic: Les softs skills

Quel est le risque si ignoré? Pas d’adéquation culturelle

Quelle serait la solution? Fiche basée sur compétences


Point de diagnostic: La marque employeur

Quel est le risque si ignoré? Impression d’impersonnalité

Quelle serait la solution? Mettre en avant vos valeurs, succès


Conclusion : une fiche bien conçue attire les bons profils


Votre fiche de poste est votre vitrine de recrutement. Une fiche pensée pour les talents – claire, transparente, inclusive et alignée sur votre culture – ne filtre pas seulement, elle séduit.



Un candidat bien informé, respecté dès l’annonce, est plus apte à s’engager, performer et rester. Un investissement tangible pour réduire les coûts de turnover, accélérer votre recrutement, et renforcer votre marque employeur pharmaceutique.

FAQ

  • Quelle taille idéale pour une fiche pharmaceutique ?

    Entre 300 et 800 mots, soit environ 6 8 à puces par section

  • Le salaire est-il obligatoire ?

    Oui : ne pas l’indiquer peut faire fuir 60 % des candidats 

  • Peut-on supprimer les certifications obligatoires à recruter ?

    Non : mentionnez-les clairement, mais précisez celles "souhaitables" versus "indispensables" 

  • Comment tester les compétences comportementales dès la fiche ?

    Ajoutez des critères comme « adaptabilité face à l’échec », « écoute des parties prenantes réglementaires », etc.

  • Comment assurer l’équité et la conformité ?

    Standardisez vos fiches, formez les managers et documentez scrupuleusement le processus RH

par Nicolas Grancher 30 janvier 2026
An interview in the pharmaceutical industry rarely leaves candidates indifferent. Even experienced professionals, accustomed to demanding environments, often walk away with a mix of relief, doubt, and unanswered questions. “Was I clear enough?” “Did I say what I was supposed to say?” “Was it too formal? Not formal enough?” “Did we have the right feeling?” These questions are universal. Yet, they are rarely voiced. In a sector as rigorous as the pharmaceutical industry, emotions tend to have little space in the official discourse, even though they are omnipresent in candidates’ real experiences. This article aims to put words to what candidates truly go through during an interview, in order to better understand it, reduce unnecessary anxiety… and regain a sense of control over the experience. Immediate tension: being assessed without losing credibility From the very first minutes, many candidates experience a familiar sensation: the tension of being evaluated. Interviews are often structured, highly framed, and sometimes very technical. The setting is established quickly: competencies, responsibilities, compliance, processes. This framework can create a paradoxical feeling: - on one hand, it is reassuring (you know what to expect), - on the other, it is pressurising (you feel observed and analysed). Many candidates experience: - fear of giving an approximate answer, - concern about not being “at the expected level,” - the feeling that every word matters. This tension is normal. It does not indicate a lack of competence or poor preparation. It reflects an environment where mistakes carry a high cost. The weight of formality: between respect and distance Another frequent feeling is formality. In the pharmaceutical sector, interviews are often: - highly structured, - minimally improvised, - conducted by several interviewers. For some candidates, this framework feels safe. For others, it creates a sense of relational distance. Many candidates internally ask themselves: - “Can I be myself?” - “Should I stay strictly factual?” - “Is it appropriate to show my motivation?” This internal questioning can lead to significant mental fatigue. Candidates constantly juggle between who they are and who they believe they should appear to be. The strange feeling of constantly having to “prove” oneself Even for experienced profiles, interviews often revive a familiar sensation: the need to justify oneself. To justify: - career choices, - transitions, - periods of doubt, - technical limitations. Some candidates feel a sense of unfairness: “My career path is coherent why do I still have to defend it?” This feeling is particularly strong in a sector that values stability, compliance, and linear progression. Atypical career paths, although increasingly common, often require more explanation. Post-interview doubt: a universal experience Once the interview is over, another phase begins: the internal debrief. In the hours or days that follow, many candidates replay the conversation mentally: - a response they could have phrased differently, - a question they misunderstood, - a moment of hesitation. This doubt is amplified by two factors common in the pharmaceutical sector: - long response times, - limited or no detailed feedback. When information is missing, interpretation takes over. And interpretation fuels self-criticism. The “feeling”: a source of hope… and anxiety The feeling plays an ambiguous role in the candidate experience. When the exchange is smooth, human, and respectful, candidates often leave feeling hopeful. When it is colder or very formal, anxiety sets in. What many candidates don’t realise is that: - a very formal interview is not necessarily a negative signal, - a good interaction does not guarantee a positive decision. From the recruiter’s perspective, “feeling” does not always mean immediate alignment. It may simply reflect a highly standardised professional framework. The fear of not having been “enough” - Clear enough. - Precise enough. - Technical enough. - Convincing enough. This fear is particularly strong among candidates who: - compare themselves to others, - are aware of market tension, - know that similar profiles are competing for the role. It can create a lingering impression of never doing enough, even when the background is solid. What candidates rarely realise… but is very real  One important point deserves to be stated clearly: there is uncertainty on the recruiter’s side as well. Recruiters and hiring managers in the pharmaceutical sector: doubt - compare, - hesitate, - arbitrate. Silence or hesitation is not always linked to a negative impression. More often, it reflects the complexity of the decision-making process. How to better navigate the interview experience While not all parameters are within a candidate’s control, some levers can help: Accept discomfort Discomfort is part of the process. Resisting it only increases tension. Focus on clarity rather than performance Being understandable is more valuable than being impressive. Remember that an interview is a two-way meeting You are also assessing the environment, the team, and the culture. Avoid overinterpreting immediately afterward Let emotions settle before drawing conclusions. Regaining agency as a candidate Putting words to what you feel helps reduce confusion. Realising that these emotions are widely shared makes it easier to put things into perspective. An interview is not a verdict on your professional worth. It is one step, in a specific context, at a specific moment in time.
par Nicolas Grancher 30 janvier 2026
Un entretien dans l’industrie pharmaceutique laisse rarement indifférent. Même les profils expérimentés, habitués aux environnements exigeants, en ressortent souvent avec un mélange de soulagement, de doute et d’interrogations. « Est-ce que j’ai été assez clair·e ? » « Est-ce que j’ai dit ce qu’il fallait ? » « Est-ce que c’était trop formel ? Pas assez ? » « Est-ce que j’ai eu le bon feeling ? » Ces questions sont universelles. Pourtant, elles sont rarement exprimées. Parce que dans un secteur aussi rigoureux que le pharmaceutique, les émotions ont peu de place dans le discours officiel , alors qu’elles sont omniprésentes dans l’expérience réelle des candidats. Cet article propose de mettre des mots sur ce que vivent vraiment les candidats lors d’un entretien, afin de mieux comprendre, de dédramatiser… et de reprendre un peu de maîtrise sur l’expérience. Une tension immédiate : être évalué sans perdre sa crédibilité Dès les premières minutes, une sensation s’installe chez beaucoup de candidats : la tension de l’évaluation . Les entretiens sont souvent structurés, cadrés, parfois très techniques. Le décor est posé rapidement : on parle compétences, responsabilités, conformité, processus. Ce cadre peut générer un sentiment paradoxal : d’un côté, il rassure (on sait à quoi s’attendre), de l’autre, il met sous pression (on se sent observé, analysé). Beaucoup de candidats ressentent alors : la peur de dire une approximation, la crainte de ne pas être “au niveau attendu”, l’impression que chaque mot compte. Cette tension est normale. Elle ne signifie ni un manque de compétence, ni un défaut de préparation. Elle est le reflet d’un environnement où l’erreur a un coût élevé . Le poids du formalisme : entre respect et distance Un autre ressenti fréquent est celui du formalisme . Dans le secteur pharmaceutique, les entretiens sont souvent : très structurés, peu improvisés, menés par plusieurs interlocuteurs. Pour certains candidats, ce cadre est sécurisant. Pour d’autres, il crée une forme de distance relationnelle. Beaucoup se demandent alors : « Est-ce que je peux être moi-même ? » « Est-ce que je dois rester très factuel·le ? » « Est-ce que montrer mes motivations est approprié ? » Ce questionnement interne peut générer une fatigue mentale importante. Le candidat jongle en permanence entre ce qu’il est et ce qu’il pense devoir montrer . Le sentiment étrange de devoir “prouver” en permanence Même pour des profils expérimentés, l’entretien ravive souvent une sensation bien connue : devoir se justifier . Justifier : ses choix de carrière, ses transitions, ses périodes de doute, ses limites techniques. Certains candidats ressentent une forme d’injustice : « Mon parcours est cohérent, pourquoi dois-je encore le défendre ? » Ce sentiment est d’autant plus fort que ce secteur valorise la stabilité, la conformité et la progression linéaire. Les parcours atypiques, bien que de plus en plus fréquents, demandent souvent plus d’explications. Le doute après l’entretien : un classique universel Une fois l’entretien terminé, une autre phase commence : le débrief intérieur . Dans les heures ou les jours qui suivent, beaucoup de candidats repassent mentalement l’échange : une réponse qu’ils auraient pu formuler autrement, une question mal comprise, un moment de flottement. Ce doute est amplifié par deux éléments fréquents dans notre secteur: des délais de réponse longs, peu de feedback détaillé. L’absence d’information laisse place à l’interprétation. Et l’interprétation nourrit l’auto-critique. Le feeling : une source d’espoir… et d’inquiétude Le feeling occupe une place ambiguë dans le ressenti candidat. Quand l’échange est fluide, humain, respectueux, beaucoup repartent avec de l’espoir. Quand il est plus froid ou très formel, l’inquiétude s’installe. Mais ce que beaucoup ignorent, c’est que : un entretien très formel n’est pas forcément un mauvais signal, un bon échange ne garantit pas une décision positive. Le feeling, côté recruteur, ne signifie pas toujours adhésion immédiate. Il peut simplement refléter un cadre professionnel très normé . La peur de ne pas avoir été “assez” Assez clair·e. Assez précis·e. Assez technique. Assez convaincant·e. Cette peur est particulièrement forte chez les candidats qui : se comparent beaucoup, connaissent la tension du marché, savent que d’autres profils similaires sont en lice. Elle peut générer une impression diffuse de ne jamais en faire assez , même lorsque le parcours est solide. Ce que les candidats ressentent rarement… mais qui est pourtant réel Un point important à rappeler : côté recruteur aussi, il y a de l’incertitude. Les recruteurs et managers du secteur pharmaceutique : doutent comparent, hésitent arbitrent. Le silence ou l’hésitation ne sont pas toujours liés à une mauvaise impression. Ils sont souvent liés à la complexité de la décision. Comment mieux vivre l’expérience d’entretien Sans pouvoir contrôler tous les paramètres, les candidats peuvent agir sur certains leviers : 1. Accepter la part d’inconfort L’inconfort fait partie de l’exercice. Le refuser augmente la tension. 2. Se concentrer sur la clarté plutôt que la performance Être compréhensible vaut mieux qu’être impressionnant. 3. Se rappeler que l’entretien est une rencontre Vous évaluez aussi l’environnement, l’équipe, la culture. 4. Ne pas surinterpréter à chaud Laissez retomber l’émotion avant de tirer des conclusions. Reprendre du pouvoir côté candidat Mettre des mots sur ce que l’on ressent permet de sortir de la confusion. Comprendre que ces émotions sont partagées par beaucoup aide à relativiser. L’entretien n’est pas un verdict sur votre valeur. C’est une étape, dans un contexte donné, à un moment donné.