Freelance, CDD, CDI : quel format pour recruter dans l’agilité sans perdre en qualité ?

Nicolas Grancher • 8 août 2025

Un secteur pharmaceutique en quête d’agilité et de qualité


Le secteur pharmaceutique doit aujourd’hui jongler avec des exigences complexes : innovation rapide, essais cliniques internationaux, production réglementée, et besoins ponctuels en compétences spécifiques.


Dans ce contexte, le modèle unique du CDI n’est plus suffisant pour répondre à toutes les demandes. Pour préserver à la fois agilité opérationnelle et excellence technique, de plus en plus d’entreprises pharmaceutiques explorent les formats hybrides : freelance, CDD, ou contract-to-hire. L’enjeu ? Trouver le bon équilibre entre flexibilité, compétences et intégration.

1. Le CDI : stabilité, culture et montée en compétences


Le contrat à durée indéterminée (CDI) reste le format privilégié pour les fonctions stratégiques ou à long terme :


Avantages :

- Forte implication dans la culture d’entreprise et la vision stratégique

- Fidélisation des talents grâce à un investissement réciproque

- Développement progressif via formations internes et mobilité


Limites :

- Moins de flexibilité pour ajuster rapidement les effectifs

- Processus de recrutement parfois long et rigide

- Coût salarial et avantages sociaux plus élevé, même en cas de baisse d’activité


Le CDI est idéal pour des fonctions structurantes : réglementation, qualité, data science, ou projets R&D durables.


2. Le CDD : un format à mi-chemin entre flexibilité et intégration


Le contrat à durée déterminée (CDD) représente un bon compromis :


Avantages :

- Recrutement plus rapide qu’un CDI classique

- Engagement moyen-terme (6 à 12 mois) permettant de stabiliser l’équipe pendant un projet ou un pic d’activité

- Intégration plus forte qu’un freelance, avec une meilleure immersion dans la culture


Inconvénients :

- Moins de motivation à long terme pour le collaborateur

- Charge administrative (ONSS, congés, fin de contrat)

- Nécessité de renégocier ou renouveler en cas de prolongation


Le CDD est souvent pertinent pour des projets à durée définie, nécessitant une expertise spécifique mais impliquée.


3. Le freelance / contractor : le choix de l’expertise ponctuelle


Le freelance (ou contractor) offre une flexibilité maximale :


Avantages :

- Accès direct à des compétences très pointues et immédiatement opérationnelles

- Processus d’embauche rapide, souvent via agences spécialisées

- Coût maîtrisé puisque pas de charges sociales, congés payés ou obligations à long terme


•           Limites :

- Moins d’attachement à la culture d’entreprise

- Risque de turnover plus élevé à la fin du contrat

- Moins d’intégration interfonctionnelle


Pour des missions comme audit qualité, rédaction médicale, ou projet clinique de courte durée, le freelance peut être extrêmement efficace.


4. Contract-to-hire (freelance convertible) : tester avant d’engager


Le modèle contract-to-hire est une solution hybride souvent utilisée :


- Fonctionnement : le collaborateur est engagé comme freelance ou CDD, avec possibilité de conversion en CDI si la collaboration fonctionne


Avantages :

- Risque réduit pour l’entreprise (évaluation dans le contexte réel)

- Engagement progressif et fondé sur la performance

- Motivation renforcée si le poste peut devenir permanent


Inconvénients :

- Incertitude pour le collaborateur

- Complexité administrative intermédiaire (transition contrat)


Ce format est idéal pour des fonctions critiques où la culture et la compatibilité comptent autant que les compétences.


5. Comment choisir le bon format selon le contexte ?


Voici les cas d'usages selon les situations :


Objectif: Projet à très court terme ou expertise rare

Format recommandé: Freelance/Contractor

Pourquoi? Mise en œuvre immédiate et expertise pointue


Ojectif: Pic de charge ou projet temporaire

Format recommandé: CDD

Pourquoi? Engagement à moyen terme, intégration partielle


Objectif: Besoin stratégique et pérenne

Format recommandé: CDI

Pourquoi? Culture forte, fidélisation, développement interne


Objectif: Tests de compatibilité avant engagement long

Format recommandé: Contract-to-hire

Pourquoi? Flexibilité avec option de stabilisation


6. Garantir la qualité dans une logique agile


Pour tous les formats :

- Briefing clair et attentes formalisées : livrables, délais, compétences attendues, contexte réglementaire.   

- Mentorat ou suivi régulier : même les freelances peuvent bénéficier d’un suivi RH pour garantir l’intégration au projet.

- Grille d’évaluation mixte : hard skills + alignement culturel ou capacité à coopérer.

- Outils RH adaptés : ATS, suivi des performances, feedback à J+30 ou J+60, quelle que soit la nature du contrat.

- Transition bien encadrée en contract-to-hire : conditions de conversion, durée d’évaluation, feedback partagé.


7. Inconvénients & risques à peser


Freelance :

- Moins de disponibilité en période de surcharge ou dépassement de délai

- Risque de rupture brusque sans préavis

- Coût horaire souvent supérieur, mais compensé par l’absence d’avantages


CDD :

- Moins de motivation intrinsèque

- Renouvellements fréquents peuvent déstabiliser l’équipe


Contract-to-hire :

- Durée d'essai juridiquement complexe

- Incertitude pour le collaborateur

Conclusion : un modèle blended pour recruter dans l’agilité sans sacrifier la qualité


Le recrutement en pharma de demain sera hybride : chaque format – freelance, CDD, CDI ou contract-to-hire a ses usages spécifiques. L’essentiel est de :


- Choisir en fonction de l’objectif (durée, expertise, intégration)

- Maintenir un niveau de qualité dans le suivi et l’évaluation

- Anticiper les transitions et formaliser les attentes



En adoptant une stratégie mixte et agile, vous garantissez à la fois performance, réactivité et intégration de haut niveau, sans compromettre la culture ou la qualité.

FAQ

  • Quel format privilégier pour un projet de 6 mois en pharmacovigilance ?

    Le CDD offre un bon compromis pour ce type de mission structurée. Si l’expertise est rare : un freelance ou contract-to-hire peut être plus rapide et ciblé.

  • Les freelances compromettent-ils la cohésion d’équipe ?

    Ce n’est pas automatique, mais cela suppose un bon onboarding et un suivi RH pour maintenir la cohésion malgré la temporaire nature du poste.

  • Le contract-to-hire est-il adapté au secteur pharma ?

    Oui, il permet de tester l’adéquation d’un profil à la culture pharma avant un engagement à long terme, tout en conservant flexibilité.

  • Est-ce que les coûts salariaux sont toujours inférieurs avec un freelance ?

    Souvent le taux horaire est supérieur, mais l’entreprise économise sur les charges sociales, les congés payés, et les coûts administratifs

  • Faut-il formaliser la transition freelance→CDI ?

    Toujours. Prévoir une clause claire de conversion, les délais, les évaluations et le niveau de compensation à l’avance.

par Nicolas Grancher 30 janvier 2026
An interview in the pharmaceutical industry rarely leaves candidates indifferent. Even experienced professionals, accustomed to demanding environments, often walk away with a mix of relief, doubt, and unanswered questions. “Was I clear enough?” “Did I say what I was supposed to say?” “Was it too formal? Not formal enough?” “Did we have the right feeling?” These questions are universal. Yet, they are rarely voiced. In a sector as rigorous as the pharmaceutical industry, emotions tend to have little space in the official discourse, even though they are omnipresent in candidates’ real experiences. This article aims to put words to what candidates truly go through during an interview, in order to better understand it, reduce unnecessary anxiety… and regain a sense of control over the experience. Immediate tension: being assessed without losing credibility From the very first minutes, many candidates experience a familiar sensation: the tension of being evaluated. Interviews are often structured, highly framed, and sometimes very technical. The setting is established quickly: competencies, responsibilities, compliance, processes. This framework can create a paradoxical feeling: - on one hand, it is reassuring (you know what to expect), - on the other, it is pressurising (you feel observed and analysed). Many candidates experience: - fear of giving an approximate answer, - concern about not being “at the expected level,” - the feeling that every word matters. This tension is normal. It does not indicate a lack of competence or poor preparation. It reflects an environment where mistakes carry a high cost. The weight of formality: between respect and distance Another frequent feeling is formality. In the pharmaceutical sector, interviews are often: - highly structured, - minimally improvised, - conducted by several interviewers. For some candidates, this framework feels safe. For others, it creates a sense of relational distance. Many candidates internally ask themselves: - “Can I be myself?” - “Should I stay strictly factual?” - “Is it appropriate to show my motivation?” This internal questioning can lead to significant mental fatigue. Candidates constantly juggle between who they are and who they believe they should appear to be. The strange feeling of constantly having to “prove” oneself Even for experienced profiles, interviews often revive a familiar sensation: the need to justify oneself. To justify: - career choices, - transitions, - periods of doubt, - technical limitations. Some candidates feel a sense of unfairness: “My career path is coherent why do I still have to defend it?” This feeling is particularly strong in a sector that values stability, compliance, and linear progression. Atypical career paths, although increasingly common, often require more explanation. Post-interview doubt: a universal experience Once the interview is over, another phase begins: the internal debrief. In the hours or days that follow, many candidates replay the conversation mentally: - a response they could have phrased differently, - a question they misunderstood, - a moment of hesitation. This doubt is amplified by two factors common in the pharmaceutical sector: - long response times, - limited or no detailed feedback. When information is missing, interpretation takes over. And interpretation fuels self-criticism. The “feeling”: a source of hope… and anxiety The feeling plays an ambiguous role in the candidate experience. When the exchange is smooth, human, and respectful, candidates often leave feeling hopeful. When it is colder or very formal, anxiety sets in. What many candidates don’t realise is that: - a very formal interview is not necessarily a negative signal, - a good interaction does not guarantee a positive decision. From the recruiter’s perspective, “feeling” does not always mean immediate alignment. It may simply reflect a highly standardised professional framework. The fear of not having been “enough” - Clear enough. - Precise enough. - Technical enough. - Convincing enough. This fear is particularly strong among candidates who: - compare themselves to others, - are aware of market tension, - know that similar profiles are competing for the role. It can create a lingering impression of never doing enough, even when the background is solid. What candidates rarely realise… but is very real  One important point deserves to be stated clearly: there is uncertainty on the recruiter’s side as well. Recruiters and hiring managers in the pharmaceutical sector: doubt - compare, - hesitate, - arbitrate. Silence or hesitation is not always linked to a negative impression. More often, it reflects the complexity of the decision-making process. How to better navigate the interview experience While not all parameters are within a candidate’s control, some levers can help: Accept discomfort Discomfort is part of the process. Resisting it only increases tension. Focus on clarity rather than performance Being understandable is more valuable than being impressive. Remember that an interview is a two-way meeting You are also assessing the environment, the team, and the culture. Avoid overinterpreting immediately afterward Let emotions settle before drawing conclusions. Regaining agency as a candidate Putting words to what you feel helps reduce confusion. Realising that these emotions are widely shared makes it easier to put things into perspective. An interview is not a verdict on your professional worth. It is one step, in a specific context, at a specific moment in time.
par Nicolas Grancher 30 janvier 2026
Un entretien dans l’industrie pharmaceutique laisse rarement indifférent. Même les profils expérimentés, habitués aux environnements exigeants, en ressortent souvent avec un mélange de soulagement, de doute et d’interrogations. « Est-ce que j’ai été assez clair·e ? » « Est-ce que j’ai dit ce qu’il fallait ? » « Est-ce que c’était trop formel ? Pas assez ? » « Est-ce que j’ai eu le bon feeling ? » Ces questions sont universelles. Pourtant, elles sont rarement exprimées. Parce que dans un secteur aussi rigoureux que le pharmaceutique, les émotions ont peu de place dans le discours officiel , alors qu’elles sont omniprésentes dans l’expérience réelle des candidats. Cet article propose de mettre des mots sur ce que vivent vraiment les candidats lors d’un entretien, afin de mieux comprendre, de dédramatiser… et de reprendre un peu de maîtrise sur l’expérience. Une tension immédiate : être évalué sans perdre sa crédibilité Dès les premières minutes, une sensation s’installe chez beaucoup de candidats : la tension de l’évaluation . Les entretiens sont souvent structurés, cadrés, parfois très techniques. Le décor est posé rapidement : on parle compétences, responsabilités, conformité, processus. Ce cadre peut générer un sentiment paradoxal : d’un côté, il rassure (on sait à quoi s’attendre), de l’autre, il met sous pression (on se sent observé, analysé). Beaucoup de candidats ressentent alors : la peur de dire une approximation, la crainte de ne pas être “au niveau attendu”, l’impression que chaque mot compte. Cette tension est normale. Elle ne signifie ni un manque de compétence, ni un défaut de préparation. Elle est le reflet d’un environnement où l’erreur a un coût élevé . Le poids du formalisme : entre respect et distance Un autre ressenti fréquent est celui du formalisme . Dans le secteur pharmaceutique, les entretiens sont souvent : très structurés, peu improvisés, menés par plusieurs interlocuteurs. Pour certains candidats, ce cadre est sécurisant. Pour d’autres, il crée une forme de distance relationnelle. Beaucoup se demandent alors : « Est-ce que je peux être moi-même ? » « Est-ce que je dois rester très factuel·le ? » « Est-ce que montrer mes motivations est approprié ? » Ce questionnement interne peut générer une fatigue mentale importante. Le candidat jongle en permanence entre ce qu’il est et ce qu’il pense devoir montrer . Le sentiment étrange de devoir “prouver” en permanence Même pour des profils expérimentés, l’entretien ravive souvent une sensation bien connue : devoir se justifier . Justifier : ses choix de carrière, ses transitions, ses périodes de doute, ses limites techniques. Certains candidats ressentent une forme d’injustice : « Mon parcours est cohérent, pourquoi dois-je encore le défendre ? » Ce sentiment est d’autant plus fort que ce secteur valorise la stabilité, la conformité et la progression linéaire. Les parcours atypiques, bien que de plus en plus fréquents, demandent souvent plus d’explications. Le doute après l’entretien : un classique universel Une fois l’entretien terminé, une autre phase commence : le débrief intérieur . Dans les heures ou les jours qui suivent, beaucoup de candidats repassent mentalement l’échange : une réponse qu’ils auraient pu formuler autrement, une question mal comprise, un moment de flottement. Ce doute est amplifié par deux éléments fréquents dans notre secteur: des délais de réponse longs, peu de feedback détaillé. L’absence d’information laisse place à l’interprétation. Et l’interprétation nourrit l’auto-critique. Le feeling : une source d’espoir… et d’inquiétude Le feeling occupe une place ambiguë dans le ressenti candidat. Quand l’échange est fluide, humain, respectueux, beaucoup repartent avec de l’espoir. Quand il est plus froid ou très formel, l’inquiétude s’installe. Mais ce que beaucoup ignorent, c’est que : un entretien très formel n’est pas forcément un mauvais signal, un bon échange ne garantit pas une décision positive. Le feeling, côté recruteur, ne signifie pas toujours adhésion immédiate. Il peut simplement refléter un cadre professionnel très normé . La peur de ne pas avoir été “assez” Assez clair·e. Assez précis·e. Assez technique. Assez convaincant·e. Cette peur est particulièrement forte chez les candidats qui : se comparent beaucoup, connaissent la tension du marché, savent que d’autres profils similaires sont en lice. Elle peut générer une impression diffuse de ne jamais en faire assez , même lorsque le parcours est solide. Ce que les candidats ressentent rarement… mais qui est pourtant réel Un point important à rappeler : côté recruteur aussi, il y a de l’incertitude. Les recruteurs et managers du secteur pharmaceutique : doutent comparent, hésitent arbitrent. Le silence ou l’hésitation ne sont pas toujours liés à une mauvaise impression. Ils sont souvent liés à la complexité de la décision. Comment mieux vivre l’expérience d’entretien Sans pouvoir contrôler tous les paramètres, les candidats peuvent agir sur certains leviers : 1. Accepter la part d’inconfort L’inconfort fait partie de l’exercice. Le refuser augmente la tension. 2. Se concentrer sur la clarté plutôt que la performance Être compréhensible vaut mieux qu’être impressionnant. 3. Se rappeler que l’entretien est une rencontre Vous évaluez aussi l’environnement, l’équipe, la culture. 4. Ne pas surinterpréter à chaud Laissez retomber l’émotion avant de tirer des conclusions. Reprendre du pouvoir côté candidat Mettre des mots sur ce que l’on ressent permet de sortir de la confusion. Comprendre que ces émotions sont partagées par beaucoup aide à relativiser. L’entretien n’est pas un verdict sur votre valeur. C’est une étape, dans un contexte donné, à un moment donné.